Origine du Qwan Ki Do :

Origine du Qwan Ki Do

Au Viêt Nam, dès l’âge de l’enfant, le jeune PHẠM Xuân Tòng a eu le privilège de devenir l’élève testamentaire d’un grand Maître d’arts martiaux :

Sư Tổ CHÂU Quan Kỳ

Au sein de son école, le Võ Ðường HỔ HẠC TRẢO, et pendant près d’une quinzaine d’année, le jeune PHẠM Xuân Tòng a pu approfondir ses connaissances et maîtriser la pratique de plusieurs styles des Hakkas : Le Thiếu Lâm Nam Phái, le Nga Mi Phái, et le Châu Gia Ðường Lang Phái (méthode de la mante religieuse de la famille Châu).

Il a également développé ses connaissances de l’art martial vietnamien avec son grand-oncle PHẠM Trú, issu de très vieilles méthodes vietnamiennes : le Võ Quảng Bình, Le Võ Bình Định et le Võ Bắc Ninh (Quán Khí ..) , qui elles même avaient été transmise par son arrière-grand-père PHAN Văn Miêng, très réputé vers la fin du 19ème siècle dans la ville de Ðồng Hới (province de Quảng Bình).

Durant les années passées au Viêt Nam, le jeune PHẠM Xuân Tòng a pu également bénéficier de l’expérience des experts du pays et parfaire ainsi sa formation.

Maître Chau Quan Ky

Grand Maître disparu:

Maître CHÂU Quan Kỳ

Maître CHÂU Quan Kỳ est né en l'an de grâce 1895 dans la province de Quảng Ðông en Chine. Sa famille faisait partie de l'ethnie des Hakka’s réputée pour la taille des pierres. En outre, elle possédait et conservait jalousement sa propre pratique des arts martiaux et de la médecine traditionnelle.

Maître CHÂU Quan Kỳ est encore très jeune à la mort de son père et, ne pouvant l’élever, sa mère le confie à un oncle qui assurera son éducation. Celui-ci était un vénérable prête Taoïste et dirigeant d'une grande école d'arts martiaux...

Très rapidement, il montre des qualités indéniables pour la pratique de l'art martial, le niveau technique atteint par le jeune Maître CHÂU Quan Ky est exceptionnel et surprend déjà son entourage...Il poursuivra l'oeuvre de son oncle et l'enrichira par le résultat de ses propres recherches...

En 1936, il doit quitter la Chine via Hồng Kông , vient résider à la ville de Trà Vinh dans le Sud VietNam où il vient grossir le nombre de Chinois vivant dans ce pays. Sa maîtrise des Arts martiaux mais aussi ses connaissances de la médécine traditionnelle le font rapidement connaître dans cette région... C'est à la suite d'un incident que sa renommée traversa le Sud VietNam...

Au cours d'une fête locale, deux Chinois font une démonstration d'arts martiaux peu convaincante. Ne désirant pas perdre la face devant le public vietnamien. L'organisateur pria le Maître CHÂU Quan Kỳ de présenter une image plus réaliste de l'art martial. Quoique réticent, Maître CHÂU Quan Kỳ s'exécute et émerveille l'assistance. Les deux démonstrateurs doutant de son efficacité réelle, le défient et sont mis hors de combat en quelques secondes... Plusieurs Chinois lui demandent alors d'être accepté comme disciples. Très longtemps, Maître CHÂU Quan Kỳ ne consentira à dévoiler ses connaissances qu'aux Chinois.

En 1956, il vient travailler à Chợ Lớn, un faubourg de la capitale du Sud Vietnam, comme herboriste et acupuncteur. Quelques temps plus tard, à la demande de ses compatriotes, il s'installe à Gia Ðịnh, dans un temple Taoiste où il devient Maître de cérémonie consacré au culte des morts. Ses fonctions sont multiples, outre l'organisation des cérémonies, il soigne les fidèles qui fréquentent le temple.

C'est à cette période que Maître CHÂU Quan Kỳ a rencontré le tout jeune PHẠM Xuân Tòng, qui deviendra par la suite un des premiers disciples de ce temple…

C'est ainsi que le Maître CHÂU Quan Kỳ, sur le conseil de plusieurs Experts Vietnamiens, les Grands Maîtres: Lê Văn Kiển, Lai Quí, Long Hổ Hội, a accepté de se faire naturaliser Vietnamien, et licencier à la Fédération des Arts Martiaux (Tổng Cuộc Quyền Thuật Việt Nam) pour créer par la suite sa première école officielle en 1958 à Phú Nhuận, le Võ Ðường : Hổ Hạc Trảo...

C’est à partir de 1967, alors qu'il poursuit ses recherches sur le contrôle de l'énergie, qu'il ressent les premiers malaises. Il rédige son Testament. C'est le propre père de Maître PHẠM Xuân Tòng, qui, lui rendant visite, le trouve inanimé. Il décède quelques heures plus tard, à l'hôpital de Chợ Rẫy, des suites d'une hémorragie cérébrale... C'est Maître PHẠM Xuân Tòng alors en France, qu'il choisira comme successeur et à qui il fera remettre son testament ainsi qu'une partie des livres qu'il a écrit spécialement à son intention…

Aperçu sur les arts martiaux des Hakkas

Hakkas traduit littéralement du chinois « Familles voyageuses ». Ces deux mots Hak et Ka se prononcent en langue mandarine (chinois officiel) K’ê Chia, Hakka, Hac ka, se trouvèrent déformés par les vietnamiens qui disent « Hẹ ».


Les Hakkas constituent une peuplade vivant en Chine dans les régions qui couvrent les provinces de FouKien, de KwanSi et de KwangTung . Les villes principales sont MeiHien et KiAing (Mai Huyện et Gia Hưng) dans la province de KwangTung. Les Hakkas sont réputés aimant les études. Ils sont énergiques, courageux, adroits, et surtout très versés dans les arts martiaux (T’a Kung Fu). Ils sont doués dans la lutte pour la vie et le progrès.


Les leaders de la « Révolution Tai-Ping » sous la dynastie Mandchous de Tsing « Thanh  Triều 1644-1911 » , tel que Hồng et Yang étaient des Hakkas (Hồng Tú Toàn). On a rencontré de très bons médecins parmi les Hakkas, mais aussi des grands généraux.


Aujourd’hui on les trouve principalement dans la province de KwangTung (Quảng Đông), à Hwai Chow, KiAing Chow, Chao Chow (Huệ Châu, Gia ưng Châu, Triều Châu)…

Le Nga Mi Phai ou Emeï P’ai

La méthode Nga Mi a été largement diffusée dans toute la région de Sichuan durant la dynastie de Tsing (Thanh Triêu 1644-1911), de telle sorte que le nombre des styles s’est multiplié et atteint son apogée (de l’ordre de 300 environ – Selon le Manuscrit du Prof. Trinh Cân), à tel point que le célèbre moine Taoiste « P’ak Meï T’ao Jin » (Bach Mi Đao Nhân, l’homme aux sourcils blancs) de Emeï Shan ne représente qu’un seul style. A cette époque, la région de Sichuan a été aussi réputée pour le « Đả Lôi Đài » (Combat libre de ring) et incita ainsi tous les styles à se mesurer, pour être le meilleur du moment, favorisa ainsi la richesse du développement des techniques d’arts martiaux de la région.


Outre les techniques corporelles internes (Thương Pháp Nga Mi) et les techniques de mains (Quyền Pháp Nga Mi) qui ont obtenu ainsi une très grande réputation, on peut constater d’autres spécialités comme le « Nga Mi Hoả Long Quyền » (l’enchaînement du dragon de feu de Nga Mi), le « Nga Mi Kiềm Quyền » (les Clefs de bras de Nga Mi), le « Hồng Khâu » , le « Lục Trửu » (six principes de coups de coudes), le Ngũ Giác Quyền, le Phả Tử Quyền (techniques du boîteux), le « Thất Bộ Huyền Công » (ou Quyền Quan Kỳ dans le Qwan Ki Do), le « Hầu Quyền » et le « Áp Hình Quyền » (la bataille des oies sauvages)


Dans les techniques de mains le Điểm, Bàn, Quan, Đề (pointer, contourner, encercler, relever) et l’utilisation en particulier des mouvements rapides se transformant soudainement en une attaque surprise puissante (Nhất Thủ, Liên Thủ, Vĩ Thủ). Dans les défenses, le travail en souplesse face à la force est privilégié, mais aussi les esquives « Tránh , Né », les arrêts de l’agression (Công, Tiệt), ainsi que l’application des leurres pour déjouer la défense. Sans compter la fameuse méthode de « Điểm Huyệt » (frappe sur les points vitaux)…Toutes ces richesses techniques sont les fruits de recherches de toute une région depuis des millénaires.

Le Nam Quyền ou Nan P’ai

Le Nam Quyền s’est développé au 16ème siècle, à la même époque que celui de Nga Mi Phái, cette pratique est répandu tout le long du versant sud du fleuve Trường Giang, dans la province de Phúc Kiến, Quảng Đông, Quảng Tây, Giang Tây, Chiết Giang, Hồ Nam, Hồ Bắc, Tứ Xuyên, Giang Tô. Le Nam Quyền est très structuré et riche dans les exercices et les techniques. Nous pouvons distiguer plusieurs syles de Nam Quyền .


Le Nam Quyền Quảng Đông (province KwangTung), rendu très célèbre par les clans des Hồng Gia, Lưu Gia, Sái Gia, Lý Gia, Mạc Gia, appelé aussi sous le nom de « Ngũ Đại Lưu Phái » (les 5 célèbres clans). Le Nam Quyền Quảng Tây , est connu sous l’appellation Châu Gia Quyền, Đồ Long Quyền, Hồng Môn Phục Hổ Quyền…Le Nam Quyền Phúc Kiến (Nam Quyền Thiếu Lâm ou Shao Lin Nan P’ai) avec le légendaire Ngũ Hình Quyền : Long (dragon), Xà (serpent), Hổ (tigre), Báo (panthère), Hạc (grue) ainsi que le Ngũ Tổ Quyền, le La Hán Quyền, le Mai Hoa Trang, Sư Quyền (Thạch Sư), Địa Thuật Quyền (Địa Sát..), Kê Pháp, Hầu Quyền, Ngũ Mai Quyền, c’est aussi une région ornée de légendes sur la révolution des temples ShaoLin. Nous pouvons aussi citer le Nam Quyền Hồ Nam, avec le Vũ Gia Quyền, Hồng Gia, Tiết Gia, Nhạc Gia ces quatre formations les plus connus de cette région, mais aussi le Nam Quyền Hổ Bác , donc les 5 méthodes les plus célèbres de « Hổ Bác » : Không Môn, Nhạc Môn, Hồng Môn, Ngũ Môn, Tôn Môn. Cependant, la région de Tứ Xuyên (Sichuan) le Nam Quyền Tứ Xuyên a été remarqué par les huit styles : Tăng, Nhạc, Triêu, Đô, Hồng, Hoa, Tu, Hội . On peut constater aussi le Nam Quyền Giang Tây avec le célèbre 36 Lộ Tống Giang Quyền…, le Nam Quyền Chiết Giang avec le Hạc Hổ Quyền, le Kim Cương Quyền …, puis le Nam Quyền Giang Tô donc les divergences techniques qui reflètent les qualités entre les villes de Tô Châu, Vô Tích, Thượng Hải, Thương Châu…

Le Đường Lang Quyền T’ang Lang Ch’uan ou Mante religieuse

Cette pratique imite les mouvements de la mante religieuse, née vers la fin de la Dynastie des Ming. Selon les anciens récits des arts martiaux chinois, elle a été mise au point par un expert au nom de Vương Lang, du vilage de Túc Mạc, province de Sơn Đông (ShanTung) au nord de la Chine, Vương Lang en échouant au concours universitaire des arts martiaux, qui s’adone à la recherche des techniques exclusives, en observant une scène de chasse des cigales par une mante religieuse. Il a trouvé là un excellent atout pour promulguer une technique de combat incomparable : le Đường Lang du nord ou Bắc Phái Đường Lang est né. On trouve ainsi à travers cette partique le « Nam Nhanh » (cinq principes fulgurants) : Nhanh Tay (membres supérieurs rapides), Nhanh Chân (membres inférieurs rapides), Nhanh Bước (déplacements rapides), Nhanh Thân (Corps rapide), Chiêu Thức Nhanh (applications techniques rapides). Ou encore le « Bảy Dài » le « Tám Ngắn »…


A la même époque, le Đường Lang du sud ou le Nam Phái Đường Lang a vu le jour dans la province de Quảng Đông, par un expert au nom de Châu á Nam. Les conceptions d’entraînements et de technicité de Nam Phái Đường Lang ou Châu Gia Đường Lang sont complètements dissemblables que celles de Đường Lang du nord ou Bắc Phái Đường Lang. Les techniques de Châu Gia Đường Lang ou Nam Phái Đường Lang sont très courts, les attaques très rapprochées, les seules ressemblances ce sont des postures de la Mante religieuse

Bodhidharma et le temple Shao Lin

Les origines du temple de Shaolin « Thiếu Lâm en vietnamien » remontent à l’arrivée en Chine du moine bouddhiste indien dénommé « Đạt Ma » ou T’a Mo ou Bodhidharma, aux environs du 5ème siècle.

La branche du bouddhisme à laquelle appartient « Đạt Ma »  est le « Dhyâna, Thiền Tông en vietnamien » ou « Chan » en langue chinoise dont la traduction japonaise nous est plus familière : le zen.

Son nom de baptême en sanscrit recèle la racine « Bodhi ou Buddhi, Bụt en vietnamien » qui est un titre dans la hiérarchie bouddhiste. Le Bodhi n’est pas un Bouddha, mais demeure un être de très haute élévation spirituelle, au point qu’il a atteint l’illumination. Pourtant si le Bouddha a rejoint le Nirvana, les Bodhi s’y refusent, préférant se réincarner afin d’apporter leur savoir et leur sagesse pour le bien et le développement de l’humanité. 

Ce personnage, disciple de Bouddha, était venu en Chine pour professer et répandre cette philosophie, après un bref séjour à la cour impériale. Il préféra se retirer dans un temple de la région du Henan baptisé « temple de la jeune forêt », en chinois : Shao Lin.

Le monastère et les moines qui y résidaient devaient être là longtemps avant l’arrivée du patriarche, tant et si bien que la petite communauté semblait mal en point à force de s’astreindre à de trop longues périodes de médiation.


Fort de ses connaissances en Khí Công Hindoue, Bodhidharma réforma la règle de vie en vigueur dans ce temple. Les moines durent s’initier aux techniques du Khí Công Hindoue afin que leur état de santé s’améliore et permette de supporter les longues séances de méditation « Dhyâna yoga ».

Un autre aspect positif de l’amélioration de santé des moines, est qu’en étant plus robustes ils étaient à même de défendre la communauté contre les agressions pouvant venir de l’extérieur. Pour bien saisir ce problème, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Il s’agit d’une société féodale où le pouvoir central ne parvient pas forcement à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire. Les bandes de brigands qui sillonnaient les provinces pouvaient être composées de plusieurs milliers d’individus, leur conférant un statut d’armée privée.

Pour pouvoir protéger la communauté, les moines étaient tenus de se former aux méthodes de combat. La chose fut si bien faite, que l’entrainement corporel prit parfois le dessus sur le développement spirituel. De cette méthode naquit la première école d’arts martiaux de Chine.

Il faut préciser qu’il existait évidement des techniques de combat et d’autres courants d’arts martiaux en Chine bien longtemps avant l’arrivée de Bodhidharma, de même que divers courants de pensée religieux, mais si ce personnage a marqué l’histoire de son nom, c’est que son approche en la matière était innovante et comportait des connaissances ignorées jusqu’alors.

L’originalité de cette méthode repose entre autre sur le fait qu’elle englobe un ensemble de disciplines étrangères à l’art de la guerre. Si elle comporte nécessairement l’étude de techniques de combat, la préparation physique est également développée notamment à travers l’apprentissage de la gestion des énergies corporelles. L’enseignement spirituel indissociable de la vocation monacale, chapotant l’ensemble, peut paraitre contre-nature. Le rôle d’un moine étant de secourir et réconforter, le fait de porter des armes ou de livrer des combats va à l’encontre des enseignements religieux. Cependant, si les moines sont devenus des guerriers redoutables, c’est que la situation de l’époque l’exigeait et qu’il n’y avait pas d’autre alternative.

Cette école fut baptisé Boxe des 18 Arhats bouddhiques. Le mot Arhat signifiant en langue sanscrite « apprenti » ou « disciple ». Le terme Arhat est traduit en vietnamien « La Hán » en chinois par Luo Han ou encore par Lohan. Il s’agirait en fait de disciples directs du Bouddha, dont les légendes vantent les capacités surnaturelles.

Aperçu sur les arts martiaux vietnamiens à travers l’histoire du Viêt Nam
Concours à l’université des arts martiaux (1225-1400)
Le est, au Viêt Nam, un terme populaire mais aussi une authentique institution à la fois culturelle et martiale. L’Art Martial Vietnamien ou est le travail de tout un peuple qui, en 4.000 années d’histoire, n’a cessé de lutter pour survivre.

Durant la Dynastie de Hồng-Bàng (2879-258 av.J.C) l’empereur du pays Văn Lang (ancien nom du Viet Nam) réunira la culture, la médecine, la philosophie et l’Art Martial Vietnamien, en regroupant ses disciplines extrêmement liées sous le nom de . («  Học » ou étude de Võ, « Đức » ou vertu de Võ, «  Y » ou médécine de Võ, «  Lý » ou science de Võ).

Plus tard, de 221 av. J.C (dynastie des Tần), à 939 ap. J.C (dynastie des Ngũ-Quí) pendant environ un millénaire, le Viet Nam se trouvera coloniser par la Chine à la suite de l’invasion de Tần (C’he Hoan Ti).

En cette période de difficulté naîtra un esprit rebelle commandé par les grands Maitres d’ Arts Martiaux. (Les sœurs « Trưng », Triệu Trinh Nương, Lý Nam Đế, Triệu Quang Phục)

Suivra l’Empereur Ngô Quyền (939-965), partisan des Sơn Tây et vainqueur de la plus grande bataille de la révolution Vietnamienne Bạch Đằng Giang, qui libéra le peuple du joug chinois. : Concours à l’université des arts martiaux (1225-140

A l’époque, les entraînements avaient lieu dans le cadre familial et scolaire selon des règles très strictes, mais le se poursuivait laissant son caractère secret, dû aux circonstances politiques, et connaissant trois périodes de divulgation

  • Le premier sous la dynastie des Tiền Lý (1009-1073),
  • Le deuxième sous la dynastie des Trần (1225-1400),
  • Le troisième sous la dynastie des Quang Trung (1788-1792)

Dans le courant de ses trois périodes, l’Art Martial rejoignit une place aussi importante que la littérature dans l’enseignement national. Les doctorats ès Arts Martiaux furent créés et, en même temps, l’Université Royale des Arts Martiaux fut ouverte (Giảng Võ Đường).

Malheureusement sous la dynastie des Nguyễn (1802-1945), et durant la colonisation Française (1883- 1945), le fût déplorablement délaissé et s’obscurcit à tel point que la plupart des jeunes en ignorèrent l’existence, malgré cela, l’entraînement continua à persévérer. Cette situation provoqua le développement séparé de différentes écoles, afin de conserver une large discrétion, mais aussi pour éviter une localisation par le pouvoir colonial en place.

Ces écoles n’hésitèrent pas à emprunter des noms de régions : Võ Bắc Ninh, Võ Quảng Bình et Võ Bình Định (Bắc Ninh : région du nord, Quảng Bình : région du centre, Bình Định: région du centre-sud).

Durant toute la période du début du XXème Siècle, bien que dans l’ombre, l'Art Martial Vietnamien restera très actif quant à la formation des combattants. Après l'indépendance en 1945, plusieurs regroupements d'Arts Martiaux ont été créés au Nord, au Centre, comme au Sud. Toutefois dû aux événements, les entraînements sont restés encore très discrets.

Les styles d’arts martiaux vietnamiens se retrouvent à la source du Qwan Ki Do grâce à la transmission traditionnelle de la famille Pham. On y trouve des influences des écoles de Võ Bắc Ninh, Võ Quảng Bình.

L’art martial vietnamien et le brassage avec des arts martiaux de l’Asie du Sud Est

Les arts martiaux Thaïlandais, Vietnamiens, Laotiens, Birmane ou encore Indonésiens ont bénéficié de grandes influences de l’art de combat hindoue.

Contrairement aux styles du Nord (Chine) qui privilégie les coups à distance, les techniques sont davantage tournées vers le corps à corps à courte distance.

L’emploi abondant des techniques de percussions comme les coups de coudes, genoux, tête, clef de bras ou braquage au sol est caractéristique des styles du Sud.

A une lointaine époque, lors des tournois, le rôle d’arbitre était honorifique et symbolique, le perdant étant mort ou trop mal en point pour continuer à combattre… Les rings étaient très hauts et sans cordes, la chute achevant le travail de l’adversaire.

En l’absence de gants, on utilisait des cordes de chanvre trempées dans du goudron tiède ou du caramel qui en durcissant augmentait la force d’impact et l’adhérence. Certains petits futés s’enduisaient de graisse d’oie ou de porc sur le visage et sur la torse pour faire glisser le coup…

Les arts martiaux vietnamiens bénéficient de la double influence de la Chine et de l’Inde, à l’instar du reste de la culture de ce pays. Les colonisateurs français avaient bien apprécié la nature de ce métissage en baptisant la région avec le terme « d’Indochine ».

Les styles de combat du Vietnam  sont apparentés à ceux du Laos et de la Thaïlande dans la mesure où les techniques sont majoritairement courtes et circulaires, privilégiant l’emploi des coudes et des genoux plutôt que celui des poings et des pieds. Les combats, très populaires, étaient organisés de façon rituelle et a eu tendance à faire dériver les systèmes en styles de boxe, s’éloignant graduellement de l’aspect martial qui possède des techniques destinées aux champs de bataille (donc de préférence en étant armé et protégé…).

Cependant les vietnamiens, peuple sécessionniste ayant refusé d’être soumis à la domination, ont connu une occupation chinoise sur leur territoire un millénaire durant, ce qui n’a pas manqué d’influencer leur manière de combattre. La résistance organisée pour repousser les envahisseurs a permis de mettre en pratique de nouveaux concepts et techniques.

A titre d’exemple, les techniques très aériennes de coup de pied sauté ou de ciseaux volants sont très répandues dans les écoles vietnamiennes mais assez peu dans les pays riverains… L’explication tiendrait au fait qu’il n’y a que très peu de chevaux au Vietnam et que donc la cavalerie n’a jamais pu être développée à hauteur de celle de pays possédant de grandes étendues comme le nord de la Chine ou la Mongolie. Or, dans toutes les armées antiques, la cavalerie a tenu un rôle prépondérant voire décisif dans l’obtention de la victoire. Pour rétablir un rapport de force favorable, les vietnamiens ont cherché une technique neutralisant le cavalier mais laissant indemne sa monture. En attirant les cavaliers dans des embuscades ou des zones relativement étroites (entrées de villages, chemins bordés de talus ou d’arbres), il était possible de s’élancer avec la technique de coup de pied sauté ou des ciseaux volants et de désarçonner le cavalier (si possible en le tuant sur le coup du fait des lésions cervicales et de la chute…). Il ne restait plus qu’à prendre possession de l’animal pour pouvoir l’utiliser dans de futurs affrontements.

Un autre apport en savoir martial provient directement des maîtres chinois qui ont dû fuir leur pays (Maître Maître CHÂU Quan Kỳ en fit d’ailleurs partie) pour échapper aux persécutions dû aux différents événements politiques qui ont eu lieu dans ce pays au début du 20ème siècle.

Les Arts Martiaux Vietnamiens à l’étranger

Au début du siècle dernier, nombreux sont les étudiants vietnamiens qui s’engagent dans l'armée coloniale française, ou tout simplement des travailleurs immigrés qui, pour des raisons professionnelles, se sont retrouvés sur le territoire français. Pourquoi la France ?

Durant la période de la colonisation, la Cochinchine (Saigon), était considérée par l'Administration française comme une colonie (1887). Cependant, le Tonkin (ou Hà Nội) était un territoire vietnamien placé sous protectorat.

Ce lien Franco-Vietnamien tissait une toile d'homogénéité non seulement sur le plan militaire, religieux, commercial, familial, mais aussi sur le plan intellectuel, culturel et éducatif. C'est la raison pour laquelle, certaines catégories de vietnamiens s'expatrièrent en France et y restèrent, d'autres retournèrent au pays après quelques années de formation. Certains vietnamiens, pour des raisons professionnelles, immigrèrent vers d'autres pays d'Europe comme l'Allemagne, la Suisse, l'Italie ou le continent d’Amérique. Parmi eux, se trouvèrent des pratiquants, voire des Maîtres d'Arts Martiaux Vietnamiens.

En ce début du 20ème Siècle, vu le contexte des événements en Asie du sud-est (guerre de l’opium, révolution en Chine, lutte pour l’indépendance au Vietnam, guerre en Corée…). Seul le Japon à cette époque a pu s’ouvrir vers le monde occidental, ce qui a permis le développement des disciplines japonaises : le Jujitsu, le Judo, le Kendo en Europe et en Amérique. On ne parlera alors que rarement d'autres méthodes d'arts martiaux.

Plus tard, après les deux guerres mondiales, vers les années 1945, d'autres disciplines telles que l'Aikido, le Karate ou le Taekwondo, feront leur apparition officielle.

Dans les années 60, le phénomène des films de Bruce Lee "Lý Tiểu Long" a propulsé les autres disciplines d'Arts Martiaux, jusqu'alors restées dans l'ombre, au grand public. Le public occidental a découvert progressivement que les arts martiaux en Asie, ne se limitaient pas qu’à la Corée ou au Japon, mais se développé aussi dans d’autres pays de l’Asie du Sud Est, en particulier avec l’ouverture de la Chine dans les années 80. Il est indéniable que ce grand pays possède les racines millénaires des arts martiaux. Tout comme les arts martiaux en Inde, au Viêtnam, au Laos, en Birmanie, en Thaïlande, en Indonésie…

Si l’on pense aux années 1950, quelques maîtres vietnamiens s’entraînaient et enseignaient en France :

Les Maîtres Đặng Trần Thường (Judo), Nguyễn Đức Mộc, Hoàng Nam, Nguyễn Trung Hoà…


Mais le développement des arts martiaux vietnamiens se fit surtout dans les années 1970. C’est à cette époque qu’une première réunion, historique pour les arts martiaux vietnamiens en France, en décembre 1969 chez Maître Bùi Văn Thịnh à Massy-Palaiseau, en région parisienne, posant les bases des premières structures fédérales.

Une douzaine d’années plus tard, plus précisément en 1981, le nom Qwan Ki Do – Quán Khí Đạo est apparu : Maître PHAM Xuân Tong, en synthétisant les écoles chinoises et vietnamiennes héritées, a créé les bases d’un art martial qui aujourd’hui compte une trentaine de pays. La Création de la World Union Of Qwan Ki Do en 1981, avec le siège en Italie, a permis de constituer un cadre optimal pour le développement du Qwan Ki Do.

La grande richesse technique et culturelle du Qwan Ki Do a permis de structurer cette méthode en plusieurs branches : La partie « mains nues » (avec ses écoles principales Thiếu Lâm, Nga Mi, Đường Lang et Võ Quảng Bình avec de grandes spécificités telles que les clefs, les percussions, les techniques zoomorphiques, les casses…), les « armes traditionnelles » (Cổ Võ Đạo), le « Tâm Thể » (exercices et enchainements psycho énergétique issu du Yi King), le Vũ Lân (danse du dragon) et le Phòng Vệ (techniques d’auto-défense).

Les écoles d’arts martiaux et leur différente nature

De tous temps ce que nous appelons arts martiaux fut un ensemble très hétérogène de méthodes de combat.

Certaines écoles emploient des procédés originaux, quelques fois même sophistiqués, d'autres sont basées sur des techniques plus basiques, et la multitude de styles créés n'a pas pour autant épuiser les possibilités en la matière.

Au sein même de la grande famille des arts martiaux d’extrême orient, durant la période féodales jusqu’à la récente révolution au début du 20ème siècle, il est possible de distinguer un nombre important la nature de méthodes catégorisables selon leur finalité et leur cadre d’emploi.

Les écoles familiales « Võ Gia Truyền »

Beaucoup d’écoles d’arts martiaux ont une origine ethnique ou clanique, voire même familiale. L’enseignement n’étant accessible qu’à un cercle très restreint de personne et dont la confidentialité était souvent un gage de surprise et d’efficacité.

  • Les clans d’escorte « Bảo Tiêu Hội »

Depuis la plus haute antiquité ont lieu des échanges commerciaux entre l’Asie et le Moyen Orient, puis plus récemment avec l’Occident. Les marchandises transitant par de longs et vulnérables convois de caravanes, il est très tôt apparu comme nécessaire de disposer de personnel qualifié pour faire face aux tentatives de vol ou de piraterie. Les convoyeurs de ces temps-là possédaient des méthodes adaptées au milieu dans lequel ils évoluaient, de même qu’aux menaces susceptibles d’être rencontrées. L’essentiel de ce savoir reposait autant sur la maîtrise de l’équitation que le maniement d’armes.

Les écoles de saltimbanques « Võ Hoa Mỹ »

Le monde des arts martiaux est peuplé de personnages mythologiques, de héros légendaires dont l’exagération des prouesses est de nature à enflammer l’imagination du public.

Certaines écoles orientales se sont spécialisées dans le spectacle et le folklore, elles sont baptisées « Võ Hoa Mỹ ou écoles d’arts martiaux fleuris » en référence à la beauté des techniques. Il ne s’agit plus d’enseigner des techniques réalistes et efficientes, mais de manifestations culturelles destinées à attirer autant de spectateurs que possible. Le spectacle est monté à l’aide de trucages, d’acrobaties, de chorégraphies et de mise en scène, le combat agrémenté de magie se mêlant à l’intrigue de l’histoire.

Ces écoles, à l’image de l’opéra de Beijing, ont permis de maintenir vivant tout un art populaire, cependant, certaines ont servi de paravent à des activités secrètes notamment pour couvrir les activités de dissidents politiques ou révolutionnaires.

Au cours des spectacles, un code (comme un roulement de tambour particulier par exemple) destiné aux initiés

était envoyé, et la séquence de combat qui suivait était en fait une démonstration de technique « réelle ». De cette manière, malgré l’interdiction de pratique des arts de combat, il était possible d’instruire de futurs combattants au nez et à la barbe des autorités…

  • Les écoles militaires « Trường Võ Bị »

La formation des combattants était essentiellement tournée vers le maniement des armes ainsi que l’action en formation, de façon à pouvoir manœuvrer une troupe massive.

L’idée n’est plus d’assurer la survie d’un petit nombre de personnes, mais de former une armée dont la faible formation individuelle est compensée par la multitude.

La stratégie prend alors le pas sur la performance individuelle, la cohésion de l’ensemble optimisant l’efficacité du système d’armes.

Les écoles de l’ombre « Mật Thám nhân »

Les arts martiaux ont toujours été pratiqués sous le sceau du secret, mais certaines écoles pouvaient ne pas avoir d’existence officielle, soit pour échapper à un pouvoir politique, soit à l’inverse pour servir un pouvoir.

On pense dans ce cas aux Ninja du Japon ( Nhân Dạ en vietnamien) , mais le même concept existait en Chine et au Vietnam (et probablement dans d’autres pays de la région…). Certaines écoles formaient leurs combattants à l’action subversive, à l’assassinat au moyen de méthodes conventionnelles ou non (camouflage, franchissement, espionnage, déguisement etc.).

Les écoles d’arts chevaleresques « Hiệp Sĩ Đạo »

Dans les temps anciens les armes possédaient aux yeux de leur propriétaire une dimension sacrée. N’importe qui ne pouvait pas utiliser ou posséder n’importe qu’elle arme. Certaines d’entre elles étaient considérées comme étant des armes nobles et étaient par conséquent réservées exclusivement aux dignitaires.

Leur maniement revêtait une dimension sacrée également, avec comme corollaire la recherche de perfection technique, signe d’élévation spirituelle. Les méthodes de combat à mains nues étaient considérées comme secondaires mais faisaient partie de l’enseignement du fait que l’on puisse un jour être malgré tout désarmé. En outre, le fait de vaincre désarmé un adversaire armé était plus qu’une victoire, mais un signe de supériorité manifeste et une humiliation pour les adversaires.

Le Hiệp Sĩ agissait souvent en solitude comme un justicier pour défendre les villageois face à des bandits de grands chemin, ou d’accomplir une mission de chasseur de prime pour le bien de la société de l’époque.